Ben oui, parce qu'il y en a pour qui c'est une super nouvelle. Pour moi, non. Mais vu que le candidat de gauche a jeté l'éponge, je n'ai pas le choix. Le choix, Pierre de Saintignon ne l'avait plus. Entre n'avoir aucun élu pendant 6 ans à la Région et en donner les clés au FN, pas de choix.

Le bilan du Conseil régional est pourtant bon. Qui en a parlé? Quel électeur a glissé son bulletin dans l'urne parce qu'il trouvait que le bilan était bon ou mauvais? Ce vote n'a été qu'une réaction. Aux attentats. Au ras le bol du quotidien. Aux réfugiés de Calais. Aux ignobles calculs politiciens. Aux têtes de gauche bien enfouies dans le sable. 

Cela fait partie des raisons pour lesquelles j'ai refusé de continuer à m'investir en politique. Cela impliquait trop de sacrifices pour représenter un parti - pas des idées, un PARTI ! - avec lequel j'avais trop de désaccords. Comme nous l'a dit une Moscovite "les Russes ont bu, les Russes boivent, les Russes boiront." Moi, j'étais, je suis et je serai socialiste.

J'ai été gâtée lors de mon passage en politique. Adhérente depuis 2002 (Avril 2002! ben voyons! ça donne une idée des raisons de mon engagement.), élue Conseillère régional et adjointe au Maire jusqu'à aujourd'hui, 11 ans. J'en ai suscité des jalousies, des haines, de femmes qui militaient depuis 20 ans au PS et qui n'avaient jamais dépassé un mandat d'élue locale. Je peux comprendre, mais moi, je n'ai jamais rien demandé!

Tout ça pour dire que je ne "crache pas dans la soupe". Mais je ne peux pas suivre l'évolution du PS de ces dernières années. Je ne suis pas sociale-démocrate. Je suis socialiste de gauche!

Quelle est l'analyse du score du FN aujourd'hui?

Si ce n'est l'échec des partis censés lutter contre lui? Si ce n'est la négation du vécu quotidien de gens qui sont dans l'incapacité de distinguer les fous furieux qui assassinent ou violent nos enfants (Suède), de tous les autres qui ne veulent que vivre en paix en respectant notre mode de vie, notre culture, notre histoire?  

Pour cela, j'ai beaucoup de mal à accepter ce qui se passe sans mettre en cause la politique. Le premier jugement de la crèche des Petits Loups. Les migrants de Calais. Le voile intégral. Le racisme anti blancs. L'absence de statistiques ethniques qui alimente les fantasmes...ou la réalité vu qu'on n'en sait rien. Les attentats - je suis encore tellement triste pour tous ces innocentes victimes, morts ou blessés! je ne les oublierai jamais. Ce Noël ne sera pas comme les autres sans eux - ceux qui quotidiennement nous empoisonnent la vie, nous agressent, nous obligent à déménager, ici et ailleurs.

Bref, reconnaitre le vécu des gens, face à d'autres qui ne veulent pas accepter que pour vivre parmi nous, il est impératif de vivre selon nos règles.

Non, on n'est pas polygames. Non, on ne voile pas les femmes. Non, on ne refuse pas de leur serrer la main. Non on ne lapide pas les femmes. Oui, elle a le droit de travailler, de vivre libre, de conduire. Non, on n'applique pas la charia. Non, l'homme ne lui est pas supérieur - dur à digérer ça hein! Oui on a le droit de ne pas être croyant. Non la religion ne mène pas le monde. Non, on ne soustrait pas une rue des lois de la république pour y faire sa prière! Non, non et non!!!

Si la gauche avait affirmé avec force ces évidences. Si elle n'avait pas fait le calcul de ces hypothétiques triangulaires qui lui assurerait la victoire, je n'en serai pas, dimanche, à voter Xavier Bertrand. En attendant, je n'ai pas le choix! Et vous non plus.